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Basculer de Mac vers PC - épisode 1

Dans l'épisode 0, j'expliquais pourquoi, au moment de renouveler mon ordinateur portable, j'ai décidé d'abandonner le MacBook Pro d'Apple pour aller vers un PC sous Windows. J'ai donc opté pour un Clevo P775DM3-G avec processeur i7700K (processeur de machine de bureau avec possibilité d'overclock), 32 Go de RAM et deux disques durs SSD. Le tout sous Windows 10. Clevo ne commercialisant pas directement aux particuliers mais passant par des intégrateurs, j'ai opté pour Obsiodian, une société portugaise, en raison de sa bonne réputation pour ce qui est d'optimiser le fonctionnement des machines (ils ont développé leur propre BIOS) et d'en tirer un maximum (delidding et optimisation du circuit de refroidissement - non je ne suis pas en train de parler d'une centrale nucléaire).

 

1. Premières impressions

La machine n'est pas vraiment jolie. Dès le départ elle m'a fait penser à la voiture de Batman dans les films tournés par Christopher Nolan : anguleuse, sombre, épaisse. Un petit côté Humvee. Côté matériaux, on n'est pas dans l'aluminium façon Apple mais plutôt dans le plastique anthracite.

Côté encombrement, on est à l'opposé d'Apple : la machine est large (plus de 40cm), profonde (pas loin de 30cm) et épaisse (4cm). Pas gênant de mon point de vue, l'épaisseur facilitant le refroidissement et le placement des disques durs additionnels. Sauf que cela signifie l'impossibilité de transporter la machine dans le sac à dos et l'étui que j'avais pour la précédente. Donc, achats à refaire. Grmbl.

Cette machine est aussi relativement lourde. A son poids de 4kg s'ajoute celui de la "brique", à savoir l'adaptateur secteur, qui a en effet la taille d'un brique et surtout son poids (1kg), mais c'est pour mieux t'alimenter mon enfant. En effet, il est capable de délivrer 300W, nécessaires si on fait tourner CPU et GPU à pleine puissance. Ce ne sera pas tous les jours, pour l'instant je n'ai pas dépassé 20W en régime ordinaire (navigation Web, traitement de texte, etc). L'ordinateur se connecte à la brique via un câble bien épais (il ne faudrait pas qu'il fonde, hein) mais ledit câble est un peu court. Pour peu que l'ordinateur ne soit pas sur le bord d'une table, impossible de placer la brique sur le sol, il faut la placer à côté de celui-ci.

Le clavier est très bien, avec une frappe très agréable. Il faut bien sûr apprendre d'autres combinaisons de touches pour atteindre certains caractères, dont certains avec l'énervante touche "Alt Gr". Le pavé numérique colle à la partie principale, du coup je me retrouve fréquemment à taper sur les touches avec les flèches plutôt que sur la touche majuscule. Après, on comprend vite que sous Windows la touche Ctrl est incontournable.

J'ai une moins bonne impression à propos du touchpad, mais après avoir connu celui du Mac où l'ensemble de la surface fait office de bouton, il était difficile d'espérer mieux. Là c'est franchement moins bien. Certes le trackpad peut détecter plusieurs contacts et les considérer comme des clics, mais je me suis retrouvé à effectuer des clics involontaires tout le temps, donc finalement j'ai désactivé les clics via la surface du trackpad et emploie les vrais boutons pour cliquer. Au passage, je suis fréquemment obligé de regarder le trackpad pour être sûr que mon doigt est bien sur le bon bouton. Il faudrait que les deux boutons aient une texture différente pour qu'on puisse les reconnaître au toucher. Cela étant, je crois que je vais finir par m'y adapter.

L'écran est très bien, avec un affichage précis. Sa partie inférieure joue le rôle de réflecteur pour les deux haut-parleurs, du coup il est placé plus haut que sur la plupart des machines, ce qui me convient très bien.

Contrairement au MacBook Pro, le ventilateur est quasimment constamment audible, mais le niveau est assez bas pour que ce ne soit pas gênant. Il faudra voir ce qu'il en est quand on pousse la machine. Cela dit, l'intégrateur fournit un logiciel qui permet d'optimiser le fonctionnement de la machine, lequel comporte un mode silencieux (via une réduction de la puissance du processeur) qu'on active par exemple quand on fait du traitement de texte ou de la navigation sur le Web.

 

2. Windows

J'avais demandé l'installation de Windows 10 Pro. L'intérêt de la version Pro est de pouvoir choisir le moment auquel s'effectuent les mises à jour du système, sinon elles peuvent se produire à tout moment, ce qui n'est pas une bonne idée en concert par exemple. Notez que c'est cher si vous achetez le DVD (pas loin de 300 euros) mais vous pouvez trouver l'OS en version téléchargeable avec numéro de série tout ce qu'il y a de plus légal pour un prix nettement réduit.

Venant de MacOS, ce qui est frappant c'est que Windows 10 résulte de l'accumulation de différentes couches de mises à jour dont les plus anciennes remontent au moins à Windows NT. On sent bien qu'à chaque génération, on a essayé de rendre les différents éléments du système plus rapidement accessibles et plus facilement ajustables. Le problème c'est que les nouvelles couches de logiciel ne remplacent pas tout à fait les anciennes et qu'on est forcé à descendre dans les couches géologiques plus anciennes à un moment où un autre. Par exemple, pour configurer un périphérique, on finit tôt ou tard à chercher le gestionnaire de périphériques pour configurer ou désactiver un périphérique, et là on retombe dans le Windows ancienne mode. On ne serait pas surpris d'y trouver le fantôme de Bill Gates tellement on a l'impression de revenir en arrière dans le temps.

Par ailleurs, il y a aussi un vocabulaire nouveau à assimiler : barre des tâches plutôt que dock, explorateur de fichier au lieu de finder, etc. Google est ton ami (même s'il te pique tes données au passage). Et puisqu'on est sur le sujet des suceurs de données, je sais déjà qu'il va me falloir faire quelques réglages dans le système pour éviter de nourrir l'ogre à data Microsoft. Je place la chose sur ma liste des tâches à effectuer.

 

3. Logiciels

La plupart des logiciels que j'employais sur Mac existent dans une version pour Windows. Pour la musique d'abord : Reaper, Max, Reaktor, et divers plug-ins. Je regrette cependant qu'il n'existe pas de version Windows de Sound Studio, très pratique lorsque l'on doit effectuer quelques opérations sur un fichier sans vouloir créer une session complète façon station de travail et éminemment utile pour manipuler des fichiers à plus de deux canaux. Pour l'instant, j'ai opté pour Ocenaudio, un peu plus rudimentaire, mais gratuit. Au niveau des objets complémentaires (externals) pour Max, la plupart existent également en version Windows. J'ai moi-même recompilé pour Windows ceux que j'avais programmé sous MacOS X. Par contre, il n'existe pas encore de version Windows/64 bits de Faust, qui donne notamment accès aux outils de synthèse par modélisation physique Synth-A-Modeler. Mais l'adaptation de Faust à ce format est annoncée pour cet automne. Patience, patience.

Pour les autres usages ensuite, il existe aussi des versions Windows des applications : Arduino, Fritzing, etc. Par contre, je n'ai rien trouvé d'aussi pratique et versatile que Graphic Converter pour l'édition d'images. Je me suis rabattu sur Irfanview pour les opérations de base et ai réinvesti Gimp pour les interventions plus complexes.

D'un autre côté, il existe aussi des logiciels qui n'existent que sous Windows. C'est notamment le cas pour certains plug-ins. Je n'ai pas encore eu beaucoup le temps de chercher dans cette voie jusqu'à présent.

 

4. Données

C'est quand on doit transférer des données tels que son courrie électronique qu'on se rend compte à quel point c'était une bonne idée d'opter pour des logiciels multi-plates-formes.  Je n'ai eu qu'à copier un dossier de mon ancien ordinateur vers le nouveau et réinstaller quelques extensions. Immédiatement, j'ai retrouvé mes comptes, mes dossiers, toute ma configuration! Merci Thunderbird.

J'ai par ailleurs trouvé un logiciel qui rend possible l'accès à des disques durs formatés "Mac" sous Windows. Il s'agit de HFS+ de Paragon Software (< 20€). Très pratique quand on doit partager des fichiers entre MacOS et Windows!

Par contre, copier des documents d'un disque vers un autre donne aux documents la date de copie comme date de création, ce qui est gênant quand on veut chercher un document en fonction du moment où il a été créé.

 

5. Drivers

Si Windows gère correctement et automatiquement les drivers de la plupart des périphériques courants, j'ai dû en réinstaller quelques-uns moi-même, tel que celui de la carte-son MOTU, mais c'est tout à fait normal. En outre, l'utilitaire installé par la société qui m'a vendu l'ordinateur indique quand de nouvelles versions sont disponibles pour tous les drivers de base (carte graphique, carte wi-fi, etc) et gère leur installation.

Dans certains cas, le passage de MacOS à Windows donne même accès à de meilleurs drivers. C'est par exemple le cas pour la caméra de suivi gestuel Leap Motion. En effet, la version Windows offre une zone de captation élargie et une précision beaucoup plus importante du suivi (la détection de position des doigts fonctionne très bien). C'est lié au fait que cette interface cible les marchés du jeu et de la VR, qui sont beaucoup plus développés sous Windows.

 

J'en reste là pour l'instant. Je continuerai cette série d'ici quelques temps, avec quelques impressions plus spécifiques sur le MIDI, les drivers audio et la connexion de périphériques en OSC. De même, je toucherai un mot de l'accélération du processeur (overclocking), qui permet d'atteindre des fréquences très intéressantes.

 

 

 

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